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Cameroun: la domestication des arbres ameliore les revenus des menages
Pour Christophe et Delphine Misse et les sept autres membres de di Groupe d’Initiative Commune (GIC), dans le village de Lekie-Assi de la province du Centre du Cameroun, la pepiniere dans laquelle ils domestiquent des especes d’arbres locales et ameliorent des especes exotiques precieuses, a realise de petits miracles. "Les plants que nous produisons dans la pepiniere ont change nos vies" explique Delphine Misse. "Mon mari a eu les moyens de construire cette maison, et notre fille ainee qui a 12 ans a pu entrer dans une ecole secondaire a la fin de l'ecole primaire. L'ecole nous coute 260 000 CFA (500 USD) par an et c'est grace aux plants que nous vendons que nous pouvons nous le permettre". La famille Misse et les autres membres du GIC sont ravis du succes de leur pepiniere et des revenus qu'ils peuvent tirer de leurs competences fraichement acquises en matiere de techniques de propagation vegetative que sont le marcottage, le greffage et le bouturage. Grace a ces techniques, ils ont ete capables de multiplier des arbres locaux interessants tels que le safoutier (Dacryodes edulis), lenjansang (Ricinodendron heudelotii), le colatier (Cola spp), et le manguier sauvage (Irvingia gabonensis). "Cette annee, nous avons gagne davantage avec la vente de plants qu'avec notre recolte de rente, le cacao", declare la famille Misse. Le GIC de Lekie-Assi a parcouru un long chemin en un temps record. Il y a six ans, ils faisaient 15 km pour se rendre a la pepiniere pilote centrale ou l’ICRAF et ses partenaires nationaux proposaient une formation sur la propagation vegetative. A l'issue de cette formation, apres qu'ils aient maitrise les techniques de propagation vegetative, le centre les a aides a creer leur propre pepiniere en 2001. Ebenezar Asaah, expert en domestication des arbres agroforestiers a l‘ICRAF, explique que le centre a commence la formation sur les techniques de propagation des arbres en 1998, au titre de son programme participatif de domestication des arbres appuye par le FIDA. Il a organise des sessions de formation pour les groupements d'agriculteurs, les organisations communautaires, les ONG, les instituts nationaux de recherche et les organisations de vulgarisation. Le centre a commence par implanter des pepinieres pilotes dans les differentes zones ecologiques du Cameroun – deux dans chacune des zones de foret et de savane humide. Ces pepinieres devaient permettre d'experimenter et d'evaluer les techniques de propagation vegetative avec les agriculteurs, avant de former les communautes voisines a ces techniques, a la gestion des pepinieres et a la collecte de germoplasme. Deux ans plus tard, des pepinieres filles ont commence a faire leur apparition sur tout le territoire du Cameroun, meme dans la province du Sud, ou aucune pepiniere pilote n'avait pourtant ete etablie. Aujourd’hui on compte 67 pepinieres au Cameroun. Richard Ndeugue reconnait lui aussi le potentiel commercial des pepinieres. Sur la route principale qui relie Yaounde aux hautes terres de l'Ouest, il a installe un hangar, trois propagateurs non brumises et un "chassis de reeducation" plus vaste dans laquelle il sevre les marcottes apres les avoir separees de l'arbre mere et replantees dans des sacs en polyethylene. Avec cette pepiniere florissante, creee en 2003, Ndeugue produit un revenu decent pour lui-meme, sa famille et les six hommes qui travaillent avec lui. Une page de son grand livre montre que le groupement a fait entrer le montant significatif de 395 400 CFA, soit 750 USD environ, pour des marcottes, des boutures enracinees et des greffons d'une grande variete d'arbres agroforestiers locaux et exotiques. "Il y a meme des chercheurs qui viennent de Yaounde pour me demander des plantes medicinales”, affirme t-il. "Les pepinieres sont de bonnes affaires", declare Deman Aseh, un autre jeune pepinieriste et entrepreneur du village de Mulombo, dans la province montagneuse du nord-ouest du Cameroun. Aseh et les membres de son GIC mixte d'agriculteurs MUMIFAG expliquent qu'ils generent des revenus non seulement pour eux-memes mais aussi "pour les agriculteurs de leur communaute qui sont maintenant en mesure de planter et de cultiver sur leurs terres des arbres locales a haute valeur economique et de bonne qualite ”. Aseh emploie son frere a plein temps dans sa petite boutique afin de pouvoir consacrer tout son temps a la pepiniere d'arbres agroforestiers et au nouveau point de vente que le groupement a ouvert sur le bord de route, pour vendre les plants ameliores. Ces plants les bases d'une nouvelle ere de culture avec des arbres agroforestiers de qualite superieure dans les zones tropicales humides de l'Afrique. Source: World Agroforestry Centre, serie ‘Agroforestry in action’, reference du document: 2005-11-Trees and Markets-African Humid Tropics |
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